“It’s OVER !” m’écriais-je intérieurement en sortant de la salle Europe juste à temps pour ne pas avoir à subir l’heure de gloire de la surveillante, qui doit certainement regretter de jouer au tyran pour si peu de temps et de désespérer si peu de personnes.
Ô jeune carrée naïve, innocente et pleine d’espoir ! Mais tu avais oublié (sans nul doute inconsciemment) que tu avais une prof de spé workaholic pour qui le sens du mot procrastination est inconnu ; que le temps libre que tu auras devrait être dédié à la préparation de l’oral et surtout que le conseil de classe est dans un mois.
Ce petit mois, je l’avais imaginé, pour survivre après l’écrit je suppose, bucolique [1] - avec de fréquentes promenades au Luxembourg voisin pour lire tranquillement tout en se dorant paresseusement au soleil en jetant de temps en temps des coups d’œil plein de sympathie aux coureurs -, enthousiasmant intellectuellement, mais néanmoins point trop fatigant ; en somme libéré du spectre terrifiant du concours. Que nenni [2] ! La météorologie khâgneuse (cette félonne !) annonce une averse de khôlles, un orage de cours rajoutés et une grêle de travail pour préparer la culture générale.
Néanmoins, c’est plaisant de retrouver nos profs et de les voir aussi motivés. Et mettez ça sur le compte d’un lavage de cerveau ou d’un domptage de ma nature sauvage et paresseuse, mais je suis presque contente d’être à nouveau “contrainte” à travailler sérieusement. Être un légume pendant deux semaines, c’est largement suffisant ! Et non, ce n’est pas le tout début de ma vingtième année qui me fait délirer, mais la voix de la raison qui me dit de profiter autant que possible des cours que je vais avoir puisque je ne compte pas khûber.
Malgré cette charmante résolution, je n’ai encore rien fait, la faute à Pride and Prejudice que je suis en train de lire - ou plutôt de dévorer [3] : je n’arrive malheureusement pas à savourer lentement un livre à première lecture, quitte à le relire avec une loupe et un bistouri lors d’une prochaine lecture pour y découvrir des trésors non encore révélés. Si par bonheur/malheur, un livre me captive, j’oublie de vivre jusqu’à ce que je le finisse. Rien de plus désagréable que d’être interrompue dans une lecture, j’ai absolument besoin de longues plages horaires pour apprécier un tête à tête avec un livre.
Mais passons sur mes habitudes de lecture, pour en revenir au roman, je dirai seulement “I quite like it.” en attendant de l’avoir fini. Et j’y retourne, j’ai laissé Elizabeth seule bien trop longtemps !
Notes
[1] autant que peut l’être Paris
[2] J’adore ce mot “nenni”, il a un charme suranné et une certaine sonorité qui me plaît.
[3] Le livre est en passe d’être achevé alors que je l’ai commencé ce matin, le temps passé dessus expliquant mon avancé (2h de trajet aller/retour avec les joies du Transilien (et un train supprimé à 7h20, un !) + tout l’après-midi jusqu’à 19h) et certainement dès que j’aurai fini de manger/ écrire ce billet - je suis une fille de mauvaise vie, je mange devant mon ordi :d
1 De La Dame -
"Miss Bennett ? Shes' tolerable I suppose, but not handsome enough to tempt me"
Fabuleux P&P. Et tous les autres aussi d'ailleurs...
Vive Jane Austen !
2 De Vox -
A chaque lecture je découvre autre chose et j'en suis à la..., je ne sais plus, quant au visionnage de la série BBC (la seule bonne adaptation à mon sens), là non plus je ne compte plus, c'est mon remède contre la déprime avec quelques jeux vidéos. J'ai soigné mon sevrage post-chimio à grands coups de "Dungeon Master" sur un brave ATARI, c'est mieux que tous les anti-dépresseurs du monde accompagné de quelque barres de MARS et autres TWIX.
Je suis à nouveau dans Emma, comme le dit la Dame, Vive Jane Austen.
3 De La Dame -
Tiens, je rebondis sur Vox (scuse moi, hein) pour te conseiller, Llu, cette fameuse adaptation de P&P, par Simon Langton, avec Jennifer Ehle(Elizabeth) et Colin Firth (Darcy, tellement à l'aise dans ce rôle qu'on croirait le personnage écrit pour lui).
Il s'agit en fait d'une mini série de 6 épisodes diffusés dans les '90 sur la BBC, considérée comme la meilleure adaptation de ce roman mais aussi d'une oeuvre de Jane Austen.
Le coffret DvD de la série se trouve facilement dans toutes les Fnac, d'ailleurs je le soupçonne de faire partie de ces best sellers discrets.
Le film de Joe Wright (plus récemment réalisateur de "The Atonement", me souviens plus du titre français) , avec Kiera Knightley, se laisse regarder lui aussi, mais davantage pour la remarquable photographie et le très beau travail d'ambiance, que pour la qualité de l'adaptation ou le jeu des acteurs.
Contrairement à la série, qui donne la part belle, comme le livre, à la comédie, le film exploite l'axe du conte de fée et du romantisme.
Ce film faisait d'ailleurs partie de la sélection des oeuvres à étudier l'année dernière au capes d'anglais en parallèle du roman.
Si tu persistes dans Jane Austen, on pourra reparler des adaptations d'Emma ;)
PS : ton blog ne se souvient plus de ma personne.
4 De Lluciole -
Merci pour tous les conseils :)
Je n'ai pas Emma, faudrait que je l'emprunte ou que je l'achète. Ça serait une bonne excuse pour retourner à Londres...Même si Amazon, même si Gibert juste à côté du lycée. Pride and Prejudice, c'est mon premier livre acheté en Angleterre (pour l'anecdote).
Mon blog est amnésique en ce moment (certainement ce thème qui foire un peu et j'ai pas le temps de m'y atteler et de changer les couleurs à mon goût), il ne se souvient même pas de moi.
Ah et j'ai fini le livre hier. Maintenant, c'est sûr : I quite like it !
5 De Graal -
Juste pour info, "Atonement" a été traduit en français par "Reviens-Moi". A part la superbe musique signée Dario Marianelli, j'ai trouvé ce film franchement détestable. Je n'ai même pas tenu plus de vingts minutes...