Aventure photographique : Le reflex, ou mon lent éveil photographique.

Petite, j’étais déjà attirée par les appareils photo et la photographie en général. Je trouvais ça magique (comme tout ce qui semble inexplicable) qu’un appareil puisse figer des instants de vie et des morceaux de réalité.

A 16 ans, j’ai eu la chance qu’on m’offre un appareil photo, un compact numérique, l’A95 de Canon, qui n’a pas à rougir face aux appareils actuels (je cherchais un autre compact pour certaines occasions et je n’ai pas trouvé mieux pour un prix raisonnable) et qui est toujours fonctionnel (5 ans déjà !). Grâce à lui, j’ai découvert les modes P, priorités (ouverture, vitesse) et même manuel. Mais je n’ai pas vraiment eu la curiosité d’aller voir plus loin que le mode P (si on oublie des tentatives ratées de prises en mode M quand je ne savais même pas ce qu’était l’ouverture et la vitesse…) pour gérer l’exposition, et le mode “macro”.
A part quelques éclairs de “génie” ou “lucidité” photographique, rien de bien sérieux. Je photographiais surtout les plantes parce que c’était un moyen de les étudier en détail sans toucher - et donc abîmer -, que je suis passionnée par la flore depuis que mon père m’a promenée sur ses épaules pour me faire découvrir mon village et nos terres (ça forge des vocations les paysages magnifiques de mon village) et parce que je me suis découvert un intérêt pour la macrophotographie en classe de découverte (CM2). J’affectionnais aussi les paysages et je rêvais de prendre en photos les gens dans la rue (sans jamais trop oser).

En fin de khâgne, pour mon 20e anniversaire, je décide de m’offrir un reflex. Vieux rêve d’enfant également, je voulais avoir un appareil avec des objectifs interchangeables. Comme quoi à 20 ans, je n’ai toujours pas plus de jugeote qu’à 10 ans et tombe encore dans les pièges de notre société de consommation. Rien ne m’obligeait vraiment à changer, j’aurai pu d’abord apprendre à me servir des modes manuels avant de m’acheter un appareil plus perfectionné. Mais mon rêve d’enfant, la geek en moi, constamment attirée par les nouveautés high-tech, et surtout la khâgneuse qui sort de concours ont décidé, de façon tout à fait improbable, de faire alliance pour me convaincre d’investir dans un reflex amateur. Je suis faible, je ne pouvais que céder devant les gros yeux de mon moi enfant près à chouiner en cas de refus, ceux brillants d’envie de mon moi geek et ceux hagards et cernés de mon moi khâgneuse.

Alors, je décide de continuer mon aventure avec Canon lorsque je tombe sur le 450D, le reflex pour fille ou presque tellement il est léger, ce qui me décide à le choisir (une fois après avoir épluché les caractéristiques techniques de la bête à la moulinette) avec les deux objectifs de kit (18-55 IS et 55-250IS si ma mémoire des chiffres est bonne). L’ouverture du colis confirme mes premières impressions en magasin, on change de catégorie avec cette appareil. Rien à voir avec mon petit compact. Du coup arrive la prise de conscience (amorcée plus tôt par la découverte du blog photographique d’Anne-Laure, connue à travers ses dessins) qu’il faudra maîtriser la technique pour laisser son regard s’exprimer pleinement [1].

C’est alors que j’ai commencé à être un peu plus rigoureuse avec moi même, à étudier la composition des photos des autres, et surtout à traquer mes défauts et mes impairs photographiques, tout en essayant peu à peu de décoder le langage technique de la photographie que je trouvais (un peu moins aujourd’hui) assez obscur.

Ainsi s’éveille le petit vers qui a encore beaucoup à apprendre avant de devenir luciole. [2]
La suite des péripéties du ver luisant qui voulait capturer de la lumière au prochain épisode :)

Notes

[1] Je compose sans cesse des images mentales de photographies lorsque je me promène depuis que je m’intéresse à la photographie, et malheureusement, elles brident parfois la réalisation “d’images réelles” parce que je suis presque toujours déçue du résultat.

[2] J’excelle en mauvais jeux de mots…