
Bragelonne puise dans la pépinière outre-atlantique décidément.
Je traîne ce billet depuis un bout de temps, et ce matin la tête dans les choux, alors que j’avais fini de le rédiger. Je clique sur supprimer persuadée d’avoir cliqué sur enregistrer… Des inconvénients d’être myope et fatiguée ^^’
Pour la petite histoire de l’auteur, je vous renvoie sur le net * mode flemmasse *, vous trouverez tout ce que vous voudrez savoir.
Je vais un peu bâcler ce billet, vous m’excuserez ^^
Le Nom du Vent, qu’est ce que c’est ? L’histoire d’un homme devenu légende.
Mais, c’est avant tout une histoire que l’on raconte dans les auberges au coin du feu. L’auberge, ce lieu prosaïque, où l’on vient discuter et se reposer tout en sirotant une pinte, où l’on écoute les récits d’aventure de ces héros, toujours les mêmes, remaniées et magnifiées au fil des années ; ce lieu de passage et de rencontre entre prosaïsme du quotidien et merveilleux des histoires.
C’est dans ce cadre familier que se déroule notre histoire, à l’auberge de la Pierre Levée, un lieu plutôt calme, loin du tumulte joyeux des grandes auberges, où l’on se raconte des histoires peuplés de héros, d’assassins, de puissants magiciens et de démons, qui semblent d’autant plus appartenir aux mythes et aux légendes, que l’on se trouve dans un petit coin tranquille au quotidien morne et monotone [1]. Kvothe, déguisé sous les traits d’un placide aubergiste nommé Kote, étouffe dans cet environnement étroit et semble dépérir, au désespoir de son apprenti, jusqu’à ce que Chroniqueur, un traqueur de mythes, arrive à le convaincre de lui livrer son histoire, celle de l’homme qui se cache derrière la légende et ses multiples variantes afin d’établir la vérité. L’occasion pour Kvothe de léguer à la postérité son histoire sans fioritures : exit lyrisme, emphases épiques et autres figures de style.
Commence alors le récit de l’enfance de notre héros en devenir qui s’achève sur son entrée à l’Université, l’école des plus grands arcanistes, et son quotidien d’étudiant sans le sou. Je n’en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, mais vous connaissez sans doute le schéma classique du héros pour vous douter qu’il sera confronté à un évènement terrible !
L’histoire de Kvothe est relativement dénuée d’actions trépidantes, mais peu à peu le charme prend et l’on se laisse bercer par ce récit tout en s’interrogeant sur l’origine de ces mystérieux Chandrians qui hantent les récits et sur ce qui attend Kvothe qui nous promet un récit plein d’aventures : “J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi des pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer durant le jour. J’ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels. J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer…”
Pour résumer, Kvothe est un héros plaisant à suivre [2] et l’ambiance qui se dégage du roman est à la fois mystérieuse (la suite de l’histoire, on veut la suite !) et doucement amère, ce qui fait du Nom du Vent une lecture agréable sans que ce soit quelque chose de renversant. J’attends de voir la suite de la trilogie cependant, car Rothfuss réussit à mettre en place un monde cohérent et plein de potentiel. Reste à voir comment tout ce qu’il a semé au cours de ce roman fleurira dans les deux prochains.
Si je devais comparer, je mettrais Kushiel un cran au dessus du Nom du Vent : le premier m’a vraiment tenu en haleine, alors que pour celui-ci l’immersion n’a pas été immédiate.
P.S : Aucun rapport avec ce livre, je vous mets en lien un billet avec des photos magnifiques de la Vallée de la Mort près de Las Vegas.